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Partie de page de la couverture du magasine scout JUNAK, le dernier publié avant le troisième bannissement en 1970.
La fondation en 1918 (en tant que véritable mouvement national) ainsi que les bannissements et renaissances sont représentés et le dernier dessin montre clairement la conviction des tchèques que viendrait, un jour encore une renaissance.
Ils ne perdirent jamais la foi ni l'espoir même pendant les heures les plus noires.
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Antonin SVOJZIK créa vers 1911 les premières troupes de scouts tchèques. La Tchécoslovaquie était alors une province du grand empire austro-hongrois qui allait éclater après la première guerre mondiale. L'indépendance du pays fut proclamée en octobre 1918. En 1936, il y a 25 000 scouts dans ce pays de 15 millions d' habitants.
La conférence de Munich en 1938 abandonne la Tchécoslovaquie aux exigences de l'Allemagne hitlérienne. Le pays est aussitôt occupé. Les nazis interdisent le scoutisme. Celui -ci devient clandestin. Certains scouts entrent en résistance.
En 1946 les unités refont surface. Il y a alors 120 000 membres. Une délégation importante participe en 1947 au Jamboree de Moisson. (France)
LE COUP DE PRAGUE ET LE SECOND BANNISSEMENT
Depuis l'indépendance jusqu'à l'occupation allemande la Tchécoslovaquie jouissait d'un régime libéral. Le pays retrouve cette situation à la libération en 1945 bien qu'il soit dans la sphère d'influence soviétique.
Des élections libres en 1946 donnent 38 % des voix aux communistes lesquels ont neuf ministres sur 36 dans le gouvernement.
En février 1948, une crise éclate. Une douzaine de ministres libéraux démissionne pour protester contre l'action des ministres communistes qui contrôlent la police et cherchent à prendre le pouvoir.
Le parti communiste déclenche la grève générale, fait descendre la population dans la rue, forme des comités d'action dans les usines investit les médias. C'est le coup de Prague du 24 février 1948 suivi de nouvelles "élections" qui donnent 90 % de voix aux communistes.
Le mouvement JUNAK est victime d'une véritable épuration. Certains cadres sont arrêtés, d'autres renvoyés, les locaux occupés, les activités rendues impossibles. Début 1951, le scoutisme est interdit par décret.
Le 16 mai 1952 eut lieu le procès des dix principaux responsables du mouvement scout, accusés "de haute trahison et de la préparation d'une révolte pour renverser le gouvernement" (!) Ce procès stalinien fut suivi de lourdes peines : 15 ans de prison pour Karel PRUCHA, responsable national, 10 ans pour quatre commissaires nationaux, de six mois à six ans pour quatre autres. Quant au président des Junaks, Velen FANDERLIK, exilé à l'étranger, il fut condamné à mort pour haute trahison !...
LE PRINTEMPS DE PRAGUE ET LE TROISIEME BANNISSEMENT
En 1968, un vent de liberté souffle sur le pays. Sous les réformes d'Alexandre DUBCEQ les gens retrouvent la parole, la censure recule, les associations sont à nouveau permises. En quelques mois, plusieurs milliers de scouts réapparaissent. Malgré la répression, les menaces de prison, le scoutisme, interdit depuis dix sept ans, s'est malgré tout maintenu !
Hélas, le 21 août 1968, les blindés soviétiques envahissent le pays. L'URSS met un terme à ces velléités libérales dont elle craint la contagion aux pays frères. Une chape de plomb s'abat sur la société tchèque : la normalisation commence. DUBCEK est emprisonné. Les Junaks sont dissous en 1970. Vient une nouvelle clandestinité sous couvert de clubs touristiques, protection de la nature ou autres.
LA REVOLUTION DE VELOURS
En 1977 un groupe de dissidents, dont Vaclav HAVEL, crée la Charte 77. Contre vents et marées, celui-ci dénonçait toutes les injustices après avoir lutté pour les libertés de base pendant treize ans. Des membres de la Charte sont arrêtés. Vaclav HAVEL fonde alors le VONS (Comité pour la défense des personnes injustement poursuivies) Accusé à son tour, Havel restera en prison plus de quatre ans et subira par la suite deux autres incarcérations. Mais les bouleversements politiques qui ébranlent l'Europe de l'est en 1989, atteignent également la Tchécoslovaquie. De nombreuses manifestations secouent le pays. L'une d'elles réunissant 30 000 étudiants, le 17 novembre 1989 est réprimée de manière particulièrement violente. Elle sonne le glas de l'ère des bureaucrates et du Parti Communiste Tchèque. La population à son tour descend dans la rue, de plus en plus massivement presque quotidiennement. Il y a un soir, 250 000 personnes place Vinceslas. Alors tout va très vite : démission en bloc de la direction du Parti Communiste, retour de DUBCEK véritable héros national, élection de HAVEL, à peine sorti de prison comme président.
Le 2 décembre 1989, 4000 scouts et guides, rassemblés à Prague proclament la renaissance du scoutisme. En 1995, il y a en République Tchèque 35 000 scouts, preuve de la vitalité d'un mouvement qui fut interdit pendant 41 ans par les nazis puis par les communistes !